Baccalauréat 2021 : le Grand oral est-il menacé ?

L’annulation du Grand oral n’est pas (encore ?) à l’ordre du jour.

Toutefois, le Ministère de l'Education Nationale étudie la possibilité d’abaisser à 5 % - au lieu de 10 % actuellement - le coefficient de l’épreuve pour la session 2021 du baccalauréat. Selon nos informations, c’est une hypothèse parmi d’autres à l’étude au MEN. Cela a été évoqué fin mars, lors d’une réunion au ministère pour réfléchir aux aménagements pédagogiques pour la fin d’année.

Un comité de suivi de la réforme du lycée, le 11 mai, doit évoquer le Grand oral, prévu du 21 juin au 2 juillet. Le 12 avril dernier, Jean-Michel Blanquer a toutefois affirmé que l’épreuve serait maintenue sous réserve des conditions sanitaires.

Salaire, santé, articulation avec la vie personnelle...

Comment les professeurs perçoivent-ils leur metier?

Des analyses de la Direction de l’Évaluation, de la Prospective et de la Performance (DEPP) ont été publiées dans une note d’avril 2021 réalisée à partir d’une étude de 2016 comparant les enseignants avec les cadres et professions intermédiaires sur la perception de leur métier.

Au niveau de la perception de leur métier, d’abord en termes de rémunération, les enseignants, en particulier ceux du premier degré se considèrent plus mal payés que les autres cadres et professions intermédiaires.

En outre, les professeurs se révèlent plus souvent contactés par un interlocuteur lié à leur métier hors temps de travail. En revanche, ils travaillent moins souvent à des horaires très décalés comme la nuit : leur droit à la déconnexion est en moyenne moins bien respecté que pour les autres cadres.

Ils apparaissent en outre plus souvent amenés à travailler le week-end et le soir. Leur vie professionnelle semble plus souvent empiéter sur leur vie personnelle. Une porosité qui s’explique notamment par le fait qu’une partie de leurs horaires de travail est obligatoirement effectuée à domicile. 84% d’entre eux affirment effectuer du travail à domicile tous les jours de la semaine.

Quant aux emplois du temps, il semble y avoir un côté positif avec un aspect fixe et rassurant (que d’autres catégories de cadres ne connaissent pas) même si les horaires de travail sont perçus comme peu flexibles : car les heures de classe sont difficilement modifiables. Ainsi 15 % des enseignants du secondaire déclarent ne jamais pouvoir s’absenter pour un imprévu personnel ou familial, même quelques heures. Une rigidité qui n’est pas si nette dans les autres professions intermédiaires.

Enfin, alors que des polémiques sur l’absentéisme des enseignants apparaissent régulièrement, cette étude démontre une fois de plus qu’existe au contraire un phénomène de « présentéisme » chez les enseignants : au cours de l’année 2016, 60 % des enseignants ont déclaré être allés au travail alors qu’ils étaient malades.

Enfin, petit point réconfortant : les professeurs sont 88 % à trouver leur métier utile, un score bien au-dessus de celui constaté chez les autres cadres.

Que va-t-il se passer le 26 avril ? écran noir ?

Après une semaine d’enseignement à distance marquée par de nombreux dysfonctionnements, il serait grand temps que les outils numériques soient reparamétrés et parfaitement sécurisés. Le SNCL-FAEN ne saurait accorder du crédit à la version « d’ingérence étrangère » venue perturber le téléenseignement du collège Jules Ferry…

Une chose est sûre, nous ne voulons plus revoir cette faillite collective des outils numériques éducatifs ni les nombreux dysfonctionnements, touchant les services du CNED et les ENT. Il y a aujourd’hui une large exaspération de la profession : alors que d’un côté les enseignants se sont vus contraints d’utiliser les classes virtuelles, l’institution a été incapable de fournir des conditions de travail ne serait-ce qu’acceptables.

Le SNCL-FAEN espère que la reprise en distanciel prévue le 26 avril sera d’un autre calibre. Pour le moment, aucun signe n’a été donné par le ministère pour éclairer ce retour des enseignements. Il y a donc urgence à utiliser avec profit les jours de vacances scolaires restants pour reparamétrer, dimensionner correctement et sécuriser complètement ces outils essentiels dans le contexte actuel.

Il est également temps d’exiger, en vue de la reprise en présentiel du 3 mai, une actualisation des mesures barrières avec entre autres l’équipement des salles en capteurs de CO2 et l’appareillage en vue de leur aération.

En ce qui concerne la vaccination, le SNCL-FAEN demande à ce que le choix soit rendu possible pour tous les enseignants, ce qui implique que la volonté de ceux qui ne souhaitent pas être vaccinés doit être aussi respectée. Les pressions faites sur les personnels pour accepter des procédures qui empiètent sur une décision personnelle ne sont pas acceptables. Le SNCL-FAEN reste profondément attaché à la liberté de chacun sur cette question.

Le SNCL-FAEN espère enfin que le 26 avril prochain, chacun de nous ne se retrouve pas encore devant un écran noir. Il serait pitoyable pour le ministère de se cacher à nouveau derrière des prétendues attaques russes pour masquer ses turpitudes.

LES ENSEIGNANTS ET LE TELETRAVAIL : LEGAL OU PAS ?

À l'heure d'une nouvelle période de travail suivi à distance avec leurs élèves, beaucoup de professeurs s'interrogent sur les conditions dans lesquelles ils vont réaliser une fois de plus cette mission. Et pour cause ! Elle est non réglementaire, autant aujourd'hui en 2021 qu'elle pouvait l'être l'an dernier. Le SNCL fait avec vous un point exhaustif sur la réglementation en vigueur et vous explique pourquoi l'enseignement est inéligible au télétravail.

Retrouvez la suite dans notre rubrique DOSSIER : Enseignants et télétravail, comment ça marche ?

 

L'ANALYSE SNCL du PLAN SAUVADET

La loi dite Sauvadet a été promulguée le 12 mars 2012, dans un contexte de fermetures drastiques de postes et de diminution du nombre de fonctionnaires qui n’a pas épargné les enseignants et les personnels d’éducation.

 

Cette loi ne prévoyait pas une résorption globale de la précarité mais la titularisation d’1/4 à 1/3 des contractuels. L’actuel gouvernement n’a pas modifié cette loi.

 

Le bilan « qualitatif » de la campagne 2013 du plan de titularisation Sauvadet par les concours réservés et examens professionnalisés met en lumière de nombreuses et graves difficultés de traitement des candidatures, des conditions de recevabilité parfois interprétées différemment d’un rectorat à l’autre, de criantes injustices et un nombre global de titularisations insuffisant.

 

 

LES DEMANDES DU SNCL-FAEN

concernant les concours réservés

 

  1. La possibilité pour tous les contractuels en CDI de pouvoir faire acte de candidature, sans autre condition.

 

  1. La redéfinition et la réécriture des conditions de recevabilité des candidatures pour les contractuels en CDD dans un sens beaucoup moins restrictif et de plus grande clarté. 

 

  1. La vérification de la recevabilité des candidatures avant la convocation aux épreuves. 

 

  1. L’augmentation du nombre de postes ouverts aux concours chaque année et l’allongement de la durée du plan au-delà des 4 ans. 

 

  1. L’utilisation pour les concours réservés et les concours internes des postes non utilisés par les concours externes.

 

  1. La garantie de réemploi des contractuels, sans baisse de quotité horaire, pendant toute la durée du plan. 

 

  1. La mise en place de formations préparatoires aux concours, dans toutes les académies, pendant toute la durée du plan de titularisation. 

 

 C’est pourquoi le SNCL-FAEN demande la modification de la loi SAUVADET pour en faire un véritable plan de titularisation des contractuels