Christine Renon : quand le travail tue

«Aujourd’hui, samedi, je me suis réveillée épouvantablement fatiguée, épuisée après seulement trois semaines de rentrée ».

 C’est par ces mots que Christine Renon, Directrice de l’école maternelle Méhul (Académie de Créteil) a commencé la lettre qu’elle a adressée à son inspecteur d’académie ainsi qu’à tous les directeurs et directrices d’établissements scolaires de Pantin, le 21 septembre dernier. Son corps a été retrouvé le lundi suivant au matin dans le hall de son école.

 Le rectorat a émis un communiqué embarrassé. Le ministre de l’Education nationale a rédigé un simple Tweet. Rien qui soit à la hauteur du désespoir professionnel exprimé avec force et lucidité dans ce courrier. Probablement parce que ce désespoir n’a plus rien d’inconnu aux yeux du ministère ni à ceux des services rectoraux. Probablement parce ces derniers ont au contraire, depuis des années, pris l’habitude de ne plus le considérer, et même de le nier.

 Nous invitons tous les enseignants et non-enseignants à lire et faire lire cette lettre, que la famille de Christine Renon a rendue accessible sur internet afin de donner du sens à cet acte terrible. Cette lettre est édifiante. Le bilan dressé est juste et témoigne d’un grand désarroi de la part d’une fonctionnaire totalement dévouée à son travail. Une directrice épuisée, à bout de force qui a écrit ce que des milliers de directeurs et directrices ressentent aujourd’hui en France. Nombreux sont ceux qui se sont reconnus dans la lettre de Christine Renon. Sa lettre vaut tous les argumentaires du monde, et se doit d’être connue de tous, particulièrement de celles et ceux qui méconnaissent encore voire méprisent la réalité tragique des conditions d’exercice des métiers de l’enseignement dans notre pays.

 Le constat fait par Christine Renon est parfaitement cohérent avec tout ce que le SNCL dénonce depuis de très nombreuses années en ce qui concerne les conditions de travail des agents du premier degré (mais pas seulement). Il rejoint le bilan que nous avions établi en 2016 lors de notre enquête auprès de l’ensemble des professeurs des écoles et directeurs de France, dont les milliers de réponses qui nous avaient été adressés poussaient d’une même voix un cri d’alarme semblable. 

 Christine Renon parle notamment de la lourdeur des tâches demandées et du poids écrasant des missions : « Encore du travail avec la RGPD[1][1] […] La succession d’inspecteurs qui passe à Pantin ne se rend pas compte à quel point tout le monde est épuisé par ces rythmes. Personne ne s’interroge sur les gens qui partent ! […] Les remontées de tableau de structure ! […] La perspective aussi de devoir organiser des APC[2][2] avec les horaires que l’on a […] , la perspective de devoir faire le tableau des réunions, la perspective de devoir faire les élections de parents d’élèves, la perspective de devoir faire les plans de sécurité, la perspective d’aller expliquer aux nouveaux le carnet de suivi des apprentissages premiers, alors que l’Etat nous a laissé faire tout seuls ce ‘truc’ ».

  Elle s’indigne à juste titre de la passivité et de l’indifférence (sélective) de la hiérarchie au regard de la pression et de la souffrance vécue sur le terrain. Elle s’offusque à juste titre du peu de temps institutionnel attribué aux directeurs pour répondre à toutes les injonctions et pour gérer l’urgence du quotidien : « les Directeurs sont seuls ! Seuls pour apprécier les situations (…) tout se passe dans la violence de l’immédiateté. (…) C’est une honte qu’il y ait des directeurs non déchargés (…) et la cellule de crise quelle blague ! ».

 Vaincue par l’épuisement professionnel, et découragée par la froideur inhumaine d’un système qui ne fait plus confiance à ses propres agents et qui renonce à les protéger, Christine Renon a mis fin à ses jours sur son lieu de travail.

  En tant qu’organisation syndicale engagée dans la défense des personnels de l’Education nationale, le SNCL apportera son soutien à toutes les actions lancées partout en France pour soutenir les directeurs et directrices d’école ainsi que leurs adjoints. Faisons-en sorte que les mots de Christine Renon ne résonnent pas en vain et puissent être le début d’une véritable réflexion sur le métier de directeur et plus généralement sur celui des enseignants du premier degré. 

 

 [1][1] RGPD : Règlement Général sur la Protection des Données

[2][2] APC : Activités Pédagogiques Complémentaires

 

Pour un moratoire sur la réforme du bac et des lycées

Dès les premières présentations des projets de réforme du baccalauréat et du lycée, le SNCL avait exprimé ses plus vives inquiétudes au vu des orientations choisies. Malgré cet avis partagé par la quasi-totalité des organisations syndicales, le ministère persiste dans la mise en place précipitée de changements qui engendrent la plus grande confusion dans les établissements.

 

À l’heure actuelle, si l’on se fie au calendrier présenté, les lycéens de première doivent, dans moins de trois mois, passer des épreuves de ce nouveau baccalauréat, celles dites « E3C[1] », disciplines issues du tronc commun telles que les langues vivantes et l’histoire-géographie.

 

Or, il est très difficile de préparer correctement des élèves (qui plus est dans un délai aussi court) quand les enseignants eux-mêmes ne disposent que d’un ou deux sujets test sur lesquels travailler, disponibles depuis quelques semaines à peine. Cet état de fait, extrêmement anxiogène pour les élèves, leurs familles et les personnels des établissements, a déjà commencé à perturber sérieusement le fonctionnement des lycées.

 

Beaucoup d’autres questions restent également sans réponse : notamment en ce qui concerne les modalités de passation de ces épreuves. Le cadrage national n’a toujours pas eu lieu. Aucune des modalités de tirage des sujets n’est connue. La banque de sujets nationale, quant à elle, n’est toujours pas accessible. Il semble par ailleurs que celle-ci ne sera pas contraignante.

 

Pourra-t-on donc improviser un sujet de baccalauréat par établissement ? Même dans ce cas, il serait impossible de faire passer le même sujet à tous les élèves d’un même lycée en même temps, sans annuler des cours pour dégager un créneau horaire suffisant. Or, les quelques directives dont les enseignants disposent à ce jour s’opposent à cette banalisation.

 

Ira-t-on alors jusqu’à concevoir un sujet différent par professeur, un bac à la carte, classe par classe ? Si c’est là la philosophie de la réforme, le ministère est-il bien averti des risques de recours massifs auxquels cette organisation va exposer notre institution, lorsque tel ou tel parent saisira avec raison la justice pour dénoncer l’iniquité de traitement devant la difficulté d’un sujet « A » donné à son enfant, par rapport à un sujet « B » donné à un autre ? Est-ce le genre de risques que devront désormais courir les enseignants, au nom de l’autonomie des établissements et de la réforme à tout prix ?

 

En outre, afin d’accentuer les économies réalisées grâce à cette réforme, il est aussi maintenant question de dématérialiser l’ensemble des copies. Les enseignants ne disposeront donc plus des copies papier pour effectuer leurs corrections. Ceci pose de très nombreux problèmes techniques auxquels, à ce jour, personne n’est en mesure de répondre non plus. Qui réalisera le travail de dématérialisation des centaines de milliers de copies et dans quels délais ? Comment les enseignants pourront-ils accéder ensuite à ces copies et apporter leurs évaluations ? Avec quel matériel ? Quel logiciel ? Quelle assistance technique ? Quels délais de correction ? Rappelons que tout ceci doit être opérationnel pour janvier.

 

Autre point : selon leurs statuts, tous les enseignants qui participent à l’organisation du baccalauréat et à la correction des épreuves doivent en être indemnisés. À ce jour, aucune communication ministérielle ne permet de savoir quand et comment les enseignants seront indemnisés pour cette mission de janvier, ainsi que pour celles qui vont suivre en mai, en juin et en juillet.

 

Car avec la ventilation des épreuves sur l’ensemble de l’année scolaire (chacune doublée de son éventuelle session de rattrapage), plutôt qu’une concentration en fin d’année comme dans l’ancienne formule, c’est bien à une organisation permanente de janvier à juillet que se préparent les enseignants pour ce nouveau baccalauréat, qui vont désormais passer leur temps à préparer, organiser, surveiller, corriger et rattraper, plutôt qu’à enseigner.

 

On objectera qu’il est demandé aux enseignants de réaliser ce travail en dehors de leurs heures de cours. Mais même dans l’hypothèse illusoire où cela ne serait pas tout bonnement impossible (sans parler de la fraude que généreraient des épreuves non simultanées ou morcelées sur plusieurs heures de cours), il n’y a de toute façon aucune dotation spécifique qui ait été attribuée aux établissements pour rémunérer des heures supplémentaires à hauteur de ce surcroit de travail. Pour mémoire, un cours ordinaire de lycée dure généralement 55 minutes, et toute heure de face-à-face élèves réalisée par un enseignant en dehors de son service ordinaire doit lui être rémunérée.

 

Sur tous ces sujets, ni les équipes de direction, ni les services d’inspection ne peuvent apporter de réponse. Encore moins les enseignants.

 

Tous ces éléments ne font donc que démontrer, si cela était encore nécessaire, que la seule finalité qui ait été mûrement réfléchie pour cette réforme du lycée est l’ensemble des économies de fonctionnement et des suppressions de poste qu’elle va permettre de réaliser. Tout le reste n’a été ni vérifié, ni anticipé, ni même seulement pensé. En conclusion, malgré les apparences que le ministère tente de sauver à de pures fins électoralistes, ce n’est pas une réforme du lycée qui est actuellement conduite. C’est un plan de licenciement qui est décliné, doublé d’une coupe budgétaire sans précédent dans le second degré de notre instruction publique, ce que révèle d’ailleurs le projet de loi de finances 2020. Cela ne s’appelle pas réformer.

 

Face à ce constat, le SNCL exhorte tous les responsables politiques à s’intéresser enfin au fonctionnement réel et à l’intérêt concret de l’enseignement du lycée français et de son baccalauréat qu’on persiste à vouloir démanteler, et à se préoccuper enfin uniquement des intérêts de la Nation et de l’avenir de la jeunesse. A tout le moins, le SNCL demande qu’un moratoire d’un an soit adopté sur la mise en place de la réforme concernant la classe de première.


[1] Epreuves communes de contrôle continu

Guerre éclair contre la Fonction Publique et ses syndicats

   Alors que le Président de la République et le Gouvernement ont engagé un « grand débat national » sur une série de questions, les personnels de l’éducation nationale et en particulier les professeurs ont déjà rendu leurs conclusions sur les réformes du ministre de l’éducation nationale lors des élections professionnelles de décembre 2018. L’écrasante majorité des suffrages s’est portée sur les listes des syndicats opposés à la réforme du baccalauréat, opposés à la réforme du lycée, opposés à la réforme de la voie professionnelle et opposés à la réforme du collège.

 
     Pourtant, quel que soit le sujet, le Ministre continue de conduire un simulacre de concertation et de dialogue social, impose ses réformes en tentant de faire croire qu’elles sont approuvées par les professeurs, et ne tient pas compte des votes des représentants des personnels dans les différentes instances (CTM, CTA, CTSD, CAPA, CAPD, CSE).


     Les dotations allouées aux académies, aux départements, aux établissements, pour préparer la rentrée 2019 reposent sur le fait que deux heures supplémentaires annuelles pourront être imposées au lieu d’une actuellement. Ces dotations insuffisantes en heures postes sont rejetées à tous les niveaux par les personnels et leurs représentants, tout comme la modification des statuts qui permettrait d’imposer 2 HSA.


     Le Président de la République et le Ministre ne font rien pour faire cesser la paupérisation et le déclassement moral et social qui frappent notre profession. Par ailleurs, la valeur du point d’indice est à nouveau gelée, le taux de la retenue pension civile augmente chaque année et la journée de carence pour congé de maladie a été rétablie.


     L’avant-projet de loi de « transformation de la fonction publique » a été présenté au conseil commun de la Fonction Publique. Il s’agit d’une attaque sans précédent contre la Fonction Publique, les statuts, le paritarisme, les droits des fonctionnaires et leurs syndicats.


     Le Gouvernement veut tout simplement supprimer tous les acquis et toutes les protections mises en place après la Seconde Guerre mondiale et remettre totalement en cause le modèle de la Fonction Publique. La mise en place d’une « démocrature » se poursuit.


     Cette loi prévoit de réduire quasiment à néant les attributions des Commissions Administratives Paritaires qui sont la pierre angulaire de la défense individuelle et collective des agents et qui garantissent la transparence des opérations et l’égalité de traitement.


     Dès janvier 2020, les Commissions Administratives Paritaires ne seraient plus consultées pour les mutations, la mobilité, les avancements ou les promotions.


     Les futures Commissions Administratives Paritaires ne seraient plus instituées par corps (différents corps de professeurs, CPE, différents corps de personnels administratifs etc.), mais par catégories (catégorie A, catégorie B, catégorie C) et seraient uniquement consultées en cas de recours individuel ou pour sanctionner les personnels (commission disciplinaire).


     Cette loi permettrait de recourir massivement aux contrats, de nommer des non-fonctionnaires dans les emplois de direction de la Fonction Publique d’Etat et créerait un « contrat de projet » (CDD d’une durée maximale de 6 ans, sans droit à CDI ou à titularisation).


     C’est une guerre éclair qui nous est déclarée. Le calendrier du Gouvernement est le suivant : présentation en Conseil des Ministres en mars, débats à l’Assemblée nationale en mai et au Sénat en juin, adoption de la loi en juillet, application dès janvier 2020.


     L’étape suivante consiste à basculer dès 2025 les fonctionnaires (et les autres régimes) dans le régime de retraite universel à points voulu par le Président de la République. Ce projet (qui ne constitue malheureusement pas une surprise) devrait être dévoilé dans quelques semaines.


     Le SIES, le SNCL et leur fédération, la FAEN, appellent l’ensemble des personnels à prendre conscience de la gravité de la situation et à se mobiliser contre cette loi pour faire échec aux projets du Gouvernement.                                                                                                   

Une rentrée dans la colère

En de multiples points, notre rentrée ressemble aux précédentes. Cette année encore, 400 écoles sont fermées partout sur le territoire, quoi qu’ait promis le Chef de l’Etat au printemps. 

  Cette rentrée encore, des centaines de postes de professeurs des écoles, et d’enseignants du second degré, restent non-pourvus, les étudiants fuyant désormais en masse les concours de l’enseignement. Comment ne pas le comprendre, au vu de la dégradation sans précédent des conditions d’exercice de nos métiers ?

  Cette rentrée encore, des milliers d’élèves, principalement des académies de Versailles et de Créteil, commencent l’année sans professeur de mathématiques, ou d’allemand, … 

  Cette rentrée encore en Guyane, à Mayotte, il y a aura une application de la loi à deux vitesses, car des enfants de trois ans et plus n’y seront pas scolarisés, malgré les messages optimistes du gouvernement, et des classes d’éducation prioritaire n’y seront pas dédoublées, faute d’enseignants, faute de locaux, ou seulement faute d’eau. 

  Mais la rentrée 2019 amène aussi son lot de nouveautés. Dans nos lycées, une incertitude particulièrement stressante s’abat sur tous les professeurs de 1ère. Manquant de courage politique pour présenter avec honnêteté son projet de restriction budgétaire, le ministère de l’Education nationale a en effet préféré jouer la confusion et tenter de faire passer les pertes d’heures et les fermetures de postes par centaines pour un progrès formidable. Les informations viennent au compte-goutte. Les séries sont supprimées dans l’impréparation totale. 

  Mais le but de Mr. Blanquer n’a jamais été de réussir cette réforme. Seulement de faire croire qu’elle est une réussite, à des fins strictement médiatiques.  Prix de cette escroquerie, les enseignants reçoivent leurs emplois du temps alambiqués, et doivent travailler avec des manuels scolaires qu’on a tout juste fini d’imprimer en juillet, bourrés de coquilles ahurissantes. Cela frise le sabotage. Les professeurs ont été empêchés d’anticiper leurs nouvelles missions. La perte des heures disciplinaires dans tous les lycées de France, et la réduction du Baccalauréat à un triste fantoche dont on ne sauve que les apparences, causeront en deux ans un appauvrissement général gravissime du niveau d’exigence de l’instruction publique. Toute une génération de lycéens sacrifiés sur l’autel de l’électoralisme obsessionnel d’un gouvernement qui ne survit plus que pour l’image et les sondages. 

  Pendant que nous étions en congés, les nouvelles lois dites de « l’école de la confiance » et de « transformation de la fonction publique » ont été adoptées. 

 Jolie confiance que celle qu’on peut accorder à des ministres qui font voter ces lois cruciales en juillet… La dérégulation de nos professions est désormais légale. Un champ libre est laissé à toutes sortes d’expérimentations incontrôlables, comme à un recrutement massif d’enseignants contractuels : au terme du mandat du Président de la République, un enseignant sur quatre sera une personne non titulaire, non formée, non diplômée, corvéable à merci, licenciable sans motif et sous payée, en toute légalité.

 Le plus grave pour l’avenir reste ce rapport de confiance définitivement brisé entre le million de personnes que représentent les personnels de l’Education nationale, et les quelques dizaines qui travaillent contre elles rue de Grenelle. 

 Maintenant que le mensonge d’Etat est devenu banal, maintenant que le Ministre lui-même n’a pas hésité à mentir et à transgresser la loi lors de la grève du Bac pour ne pas perdre la face le soir venu sur TF1, qu’on a usé de violence et d’intimidation contre des fonctionnaires trop consciencieux, pour les faire rentrer dans le rang, comment ne pas rire jaune à l’annonce des fameux « 300 euros » lancés en l’air le 30 août dernier par J.M Blanquer ? Jetant ce coup de comm’ préventif face à la colère qui n’a jamais tant grondé avant même la rentrée, il n’a fait qu’insulter une fois encore l’intelligence des agents dont il a la charge. Faut-il perdre encore du temps à montrer que ces 300 euros, finalement annuels, finalement bruts, finalement imposables, finalement déjà prévus dans le Parcours Professionnel de Carrière décidé par le gouvernement Hollande il y a plus de trois ans, ne sont en aucun cas un effort nouveau ni un premier geste de réconciliation ? Seulement une nouvelle tentative de faire passer l’effet mécanique d’un accord déjà acté pour un cadeau nouveau. Entourloupe qui commence à être bien connue, puisqu’on l’a déjà servie à d’autres à propos du SMIC, il y a quelques mois, au plus haut sommet de l’Etat. 

 Faute de prendre conscience de l’ampleur de la crise, le ministère, lui, persiste dans les jeux d’affichage, agitant le drapeau national désormais obligatoire dans chaque classe, à côté de notre hymne national. Reste à savoir si on y lira aussi le quatrième couplet de  Rouget de Lisle, qui fustigeait déjà en son temps et à si juste titre « les perfides, opprobre de tous les partis ».

 En cette rentrée, en tant que fonctionnaire, les personnels titulaires de la Fonction publique subiront aussi le resserrement de l’Etat sur ses plus simples missions régaliennes, au détriment de l’école publique, et notamment de sa sanctuarisation et de son dialogue social. Les derniers vestiges des avancées sociales de 1982 ont été dispersés pendant l’été, d’un claquement de doigt. Le 28 juillet précisément, avec la parution au journal officiel de la loi qui va supprimer la quasi-totalité des missions dévolues aux commissions paritaires dans nos métiers. Coup de poignard terrible porté à la représentation syndicale dans la Fonction publique, alors que les récentes actualités n’ont fait que démontrer à quelle violence pouvait aboutir ce mépris des gouvernants envers les corps dits « intermédiaires ». 

 Mais ce n’est pas fini ; car c’est maintenant au tour de notre régime de retraites d’être attaqué (lire notre dossier ici). Pardon, « optimisé » devrait-on dire… Optimisées, libéralisées, déréglementées, nos écoles à leur tour seront prêtes pour un nouveau monde et sa nouvelle logique managériale. Ne resteront plus que les murs à vendre.

L'ANALYSE SNCL du PLAN SAUVADET

La loi dite Sauvadet a été promulguée le 12 mars 2012, dans un contexte de fermetures drastiques de postes et de diminution du nombre de fonctionnaires qui n’a pas épargné les enseignants et les personnels d’éducation.

 

Cette loi ne prévoyait pas une résorption globale de la précarité mais la titularisation d’1/4 à 1/3 des contractuels. L’actuel gouvernement n’a pas modifié cette loi.

 

Le bilan « qualitatif » de la campagne 2013 du plan de titularisation Sauvadet par les concours réservés et examens professionnalisés met en lumière de nombreuses et graves difficultés de traitement des candidatures, des conditions de recevabilité parfois interprétées différemment d’un rectorat à l’autre, de criantes injustices et un nombre global de titularisations insuffisant.

 

 

LES DEMANDES DU SNCL-FAEN

concernant les concours réservés

 

  1. La possibilité pour tous les contractuels en CDI de pouvoir faire acte de candidature, sans autre condition.

 

  1. La redéfinition et la réécriture des conditions de recevabilité des candidatures pour les contractuels en CDD dans un sens beaucoup moins restrictif et de plus grande clarté. 

 

  1. La vérification de la recevabilité des candidatures avant la convocation aux épreuves. 

 

  1. L’augmentation du nombre de postes ouverts aux concours chaque année et l’allongement de la durée du plan au-delà des 4 ans. 

 

  1. L’utilisation pour les concours réservés et les concours internes des postes non utilisés par les concours externes.

 

  1. La garantie de réemploi des contractuels, sans baisse de quotité horaire, pendant toute la durée du plan. 

 

  1. La mise en place de formations préparatoires aux concours, dans toutes les académies, pendant toute la durée du plan de titularisation. 

 

 C’est pourquoi le SNCL-FAEN demande la modification de la loi SAUVADET pour en faire un véritable plan de titularisation des contractuels