9 MAI 2019 : Appel à la mobilisation

Alors que les mesures néfastes pour l’Education nationale continuent de s’accumuler à un rythme effréné (destruction du lycée et du bac, désorganisation de l’enseignement supérieur, loi répressive et liberticide dite de « la confiance », deuxième heure supplémentaire imposable…), il est peut être difficile de croire que le pire est encore à venir.

Et pourtant, après toutes ces réformes, une nouvelle grande loi vient très prochainement mettre à mal l’ensemble de la fonction publique française. Appelé « loi de la transformation de la fonction publique », ce projet a vu son contenu dévoilé le 13 février dernier, à Bercy (ce qui n’est pas un hasard) par le secrétaire d’Etat et des Comptes publics.

  L’ensemble de cette loi et de ses 33 articles se donnent deux objectifs évidents dès la première lecture : libéraliser les différents secteurs des fonctions publiques hospitalières, territoriales, ou de l’enseignement, qui résisteraient encore à la pure logique du profit et de la concurrence, ainsi que générer d’importantes économies budgétaires à tous les niveaux de ces fonctions, essentiellement grâce à la dérèglementation de nos services publics.

La FAEN et ses syndicats, dont le SNCL FAEN, appellent à la mobilisation sur la journée du 9 mai 2019, à travers un communiqué commun disponible ci-dessous.

ACADEMIE DE LYON : quand on remplace les profs par des écrans

Afin de camoufler la catastrophe engendrée par sa pseudo-réforme du lycée, qui n'en finit plus d'appauvrir l'offre d'enseignement de nos lycées en provoquant fermetures de postes et de classes, le Ministère sait se montrer riche en idées nouvelles.

Ainsi dans l'académie de Lyon, les services académiques peu scrupuleux viennent de proposer à une enseignante d'Italien d'assurer ses cours sur plusieurs établissements simultanément par visio-conférence.

Vous avez bien lu, il s'agirait pour elle, dès la rentrée, d'assurer deux services de 3 heures dans deux lycées différents, mais en ne réalisant que 2 heures effectives d'enseignement, une dans chaque lycée. Les élèves, quant à eux, bénéficieraient donc d'une heure d'enseignement "ordinaire" avec leur professeur présente, et suivraient, pendant l'autre heure, le cours fait à distance par l'enseignante en direct avec son autre classe, via un système de visio-conférence. Leur troisième heure d'italien consisterait, selon la proposition du Directeur Académique des Services de l'Education nationale, à une heure de "travail en autonomie", cette fois-ci sans prof ni écran ! 6 heures de cours "assurées" pour seulement 2 heures à payer, le dispositif permettrait ainsi des économies inédites !

Formidables conditions pour l'apprentissage linguistique... Quelle noble idée du métier d'enseignant doit-on avoir pour oser proposer une telle organisation ? Courageuse, mais pas téméraire, la direction laisse l'enseignante décider ou non de mettre en place cette "expérimentation" (autrement dit de choisir entre se soumettre à cette idée, ou perdre son poste...).

Le nouveau management, et l'éducation 2.0 sont "en marche"...

Pour le SNCL FAEN, ces bricolages ridicules et anti-pédagogiques ne sauraient leurrer personne : c'est bien le lycée français qui est en train d'être sabordé avec violence, et si les options moins conventionnelles sont les premières à être touchées, ce n'est que le début d'une hécatombe appelée à s'amplifier pendant les deux ans qui viennent et le déploiement complet du projet ministériel, qui n'épargnera aucune discipline.

Nous ne pouvons accepter non plus le chantage et la pression exercés sur les collègues qui sont soumis à des non-choix, par la menace de la fermeture de leurs postes. 

Afin de défendre notre Education nationale, et l'ensemble de notre fonction publique, nous appelons tous les fonctionnaires à se mobiliser le 9 mai prochain.

 

Guerre éclair contre la Fonction Publique et ses syndicats

   Alors que le Président de la République et le Gouvernement ont engagé un « grand débat national » sur une série de questions, les personnels de l’éducation nationale et en particulier les professeurs ont déjà rendu leurs conclusions sur les réformes du ministre de l’éducation nationale lors des élections professionnelles de décembre 2018. L’écrasante majorité des suffrages s’est portée sur les listes des syndicats opposés à la réforme du baccalauréat, opposés à la réforme du lycée, opposés à la réforme de la voie professionnelle et opposés à la réforme du collège.

 
     Pourtant, quel que soit le sujet, le Ministre continue de conduire un simulacre de concertation et de dialogue social, impose ses réformes en tentant de faire croire qu’elles sont approuvées par les professeurs, et ne tient pas compte des votes des représentants des personnels dans les différentes instances (CTM, CTA, CTSD, CAPA, CAPD, CSE).


     Les dotations allouées aux académies, aux départements, aux établissements, pour préparer la rentrée 2019 reposent sur le fait que deux heures supplémentaires annuelles pourront être imposées au lieu d’une actuellement. Ces dotations insuffisantes en heures postes sont rejetées à tous les niveaux par les personnels et leurs représentants, tout comme la modification des statuts qui permettrait d’imposer 2 HSA.


     Le Président de la République et le Ministre ne font rien pour faire cesser la paupérisation et le déclassement moral et social qui frappent notre profession. Par ailleurs, la valeur du point d’indice est à nouveau gelée, le taux de la retenue pension civile augmente chaque année et la journée de carence pour congé de maladie a été rétablie.


     L’avant-projet de loi de « transformation de la fonction publique » a été présenté au conseil commun de la Fonction Publique. Il s’agit d’une attaque sans précédent contre la Fonction Publique, les statuts, le paritarisme, les droits des fonctionnaires et leurs syndicats.


     Le Gouvernement veut tout simplement supprimer tous les acquis et toutes les protections mises en place après la Seconde Guerre mondiale et remettre totalement en cause le modèle de la Fonction Publique. La mise en place d’une « démocrature » se poursuit.


     Cette loi prévoit de réduire quasiment à néant les attributions des Commissions Administratives Paritaires qui sont la pierre angulaire de la défense individuelle et collective des agents et qui garantissent la transparence des opérations et l’égalité de traitement.


     Dès janvier 2020, les Commissions Administratives Paritaires ne seraient plus consultées pour les mutations, la mobilité, les avancements ou les promotions.


     Les futures Commissions Administratives Paritaires ne seraient plus instituées par corps (différents corps de professeurs, CPE, différents corps de personnels administratifs etc.), mais par catégories (catégorie A, catégorie B, catégorie C) et seraient uniquement consultées en cas de recours individuel ou pour sanctionner les personnels (commission disciplinaire).


     Cette loi permettrait de recourir massivement aux contrats, de nommer des non-fonctionnaires dans les emplois de direction de la Fonction Publique d’Etat et créerait un « contrat de projet » (CDD d’une durée maximale de 6 ans, sans droit à CDI ou à titularisation).


     C’est une guerre éclair qui nous est déclarée. Le calendrier du Gouvernement est le suivant : présentation en Conseil des Ministres en mars, débats à l’Assemblée nationale en mai et au Sénat en juin, adoption de la loi en juillet, application dès janvier 2020.


     L’étape suivante consiste à basculer dès 2025 les fonctionnaires (et les autres régimes) dans le régime de retraite universel à points voulu par le Président de la République. Ce projet (qui ne constitue malheureusement pas une surprise) devrait être dévoilé dans quelques semaines.


     Le SIES, le SNCL et leur fédération, la FAEN, appellent l’ensemble des personnels à prendre conscience de la gravité de la situation et à se mobiliser contre cette loi pour faire échec aux projets du Gouvernement et soutiennent toutes les actions qui seront également menées dans le cadre des mobilisations prévues le 30 mars prochain.


                                                                                                     Paris, le 14 mars 2019

Mutations inter-académiques : résultats 2019

Le premier bilan des mutations entre académies pour la rentrée 2019 est désormais disponible. Vous trouverez ci-dessous un tableau présentant les "barres" d'entrée par discipline pour chaque académie.

 

Les valeurs indiquées correspondent au barème le plus petit des candidatures retenues pour entrer dans l'académie, dans la discipline concernée.

 

Pour toute question ou suivi de vos résultats, n'hésitez pas à nous contacter.

 

C'est maintenant la phase "intra-académique" qui va suivre pour tous les entrants (et les stagiaires futurs titularisés !). Nous sommes à votre disposition pour vous aider dans cette nouvelle étape !

L'ANALYSE SNCL du PLAN SAUVADET

La loi dite Sauvadet a été promulguée le 12 mars 2012, dans un contexte de fermetures drastiques de postes et de diminution du nombre de fonctionnaires qui n’a pas épargné les enseignants et les personnels d’éducation.

 

Cette loi ne prévoyait pas une résorption globale de la précarité mais la titularisation d’1/4 à 1/3 des contractuels. L’actuel gouvernement n’a pas modifié cette loi.

 

Le bilan « qualitatif » de la campagne 2013 du plan de titularisation Sauvadet par les concours réservés et examens professionnalisés met en lumière de nombreuses et graves difficultés de traitement des candidatures, des conditions de recevabilité parfois interprétées différemment d’un rectorat à l’autre, de criantes injustices et un nombre global de titularisations insuffisant.

 

 

LES DEMANDES DU SNCL-FAEN

concernant les concours réservés

 

  1. La possibilité pour tous les contractuels en CDI de pouvoir faire acte de candidature, sans autre condition.

 

  1. La redéfinition et la réécriture des conditions de recevabilité des candidatures pour les contractuels en CDD dans un sens beaucoup moins restrictif et de plus grande clarté. 

 

  1. La vérification de la recevabilité des candidatures avant la convocation aux épreuves. 

 

  1. L’augmentation du nombre de postes ouverts aux concours chaque année et l’allongement de la durée du plan au-delà des 4 ans. 

 

  1. L’utilisation pour les concours réservés et les concours internes des postes non utilisés par les concours externes.

 

  1. La garantie de réemploi des contractuels, sans baisse de quotité horaire, pendant toute la durée du plan. 

 

  1. La mise en place de formations préparatoires aux concours, dans toutes les académies, pendant toute la durée du plan de titularisation. 

 

 C’est pourquoi le SNCL-FAEN demande la modification de la loi SAUVADET pour en faire un véritable plan de titularisation des contractuels