17 juin 2019 : Grève du Bac

 Il aura fallu moins de deux ans à la politique ministérielle actuelle pour finaliser la décomposition du système éducatif français, amplifiée depuis 2013 et la loi dite de « refondation » de M. Peillon : fermeture d’écoles, démantèlement des lycées, destruction du Baccalauréat, désorganisation de l'accès à l'enseignement supérieur, appauvrissement général des enseignements et des options, mise à mal de la voie professionnelle, naufrage de la nouvelle gouvernance des universités : le désordre est partout, de l'école primaire au master. La fuite des élèves vers l'enseignement privé s’accroit, encouragée à des fins d'économies. Cette logique fait aussi les affaires d’entreprises privées de renforcement ou d'aide scolaire. Un travail de sape est mené tambours battants contre l'instruction publique, contre sa gratuité, son égalitarisme social, à grands renforts de désinformation, d'inexactitude et de mépris de la part de gouvernants qui préfèrent parler de malentendus ou d'incompréhension.

 

En vérité, les personnels de l’Education nationale et de l’Enseignement Supérieur comprennent très bien. Depuis des mois, ils ne sont pas entendus, leurs représentants syndicaux ne sont pas reçus. C'est au contraire la voie de l'intimidation qui est privilégiée par une administration menaçant de sanctions, ou laissant recourir aux forces de police pour couper court avec une violence rare aux rassemblements pourtant pacifiques devant les rectorats ou les établissements scolaires.

 

Dans ce contexte, il est logique d’en venir à envisager de nouvelles voies de résistance. La mise en danger de l'avenir de notre jeunesse justifie des actions fortes qui ne seront pas sans conséquences, et ne manqueront pas d'être interprétées par certains comme une forme d'insurrection.

 

Le 17 juin prochain, une association importante de syndicats et de mouvements non-représentatifs appelle les personnels à se mettre en grève le jour du début des épreuves écrites du baccalauréat. Un appel similaire concerne le premier jour d'organisation du brevet dans les collèges. Même si notre syndicat n'est pas directement signataire de cet appel commun, le SNCL FAEN a décidé d'apporter son soutien à tous les collègues qui prendront la difficile décision d'agir et de se mobiliser en faveur de ces actions.

 

Nous encourageons chacun et chacune à agir collectivement, en associant autant que faire se peut tous les corps de personnels, mais aussi les parents, dans leurs actions. Nous les invitons aussi à expliquer avec le plus de clarté possible la situation aux élèves. Notre syndicat se tiendra prêt à apporter son soutien syndical à tous les personnels susceptibles d'être intimidés ou sanctionnés par leur hiérarchie avant, pendant ou suite à ces actions.

 

Nous rappelons que la grève sur ces journées comme sur toute autre est un droit inaliénable.

 

S’il ne nous a pas appartenu de choisir d'être professeur en ces temps tristes pour notre fonction publique, si rudes pour tous ceux qui sont attachés aux valeurs établies en France par le Conseil National de la Resistance, dans la définition humaniste des missions de l’État, il appartient en revanche à chacun de décider maintenant, individuellement, de se mobiliser ou non pour les défendre.

 

ACADEMIE DE LYON : quand on remplace les profs par des écrans

Afin de camoufler la catastrophe engendrée par sa pseudo-réforme du lycée, qui n'en finit plus d'appauvrir l'offre d'enseignement de nos lycées en provoquant fermetures de postes et de classes, le Ministère sait se montrer riche en idées nouvelles.

Ainsi dans l'académie de Lyon, les services académiques peu scrupuleux viennent de proposer à une enseignante d'Italien d'assurer ses cours sur plusieurs établissements simultanément par visio-conférence.

Vous avez bien lu, il s'agirait pour elle, dès la rentrée, d'assurer deux services de 3 heures dans deux lycées différents, mais en ne réalisant que 2 heures effectives d'enseignement, une dans chaque lycée. Les élèves, quant à eux, bénéficieraient donc d'une heure d'enseignement "ordinaire" avec leur professeur présente, et suivraient, pendant l'autre heure, le cours fait à distance par l'enseignante en direct avec son autre classe, via un système de visio-conférence. Leur troisième heure d'italien consisterait, selon la proposition du Directeur Académique des Services de l'Education nationale, à une heure de "travail en autonomie", cette fois-ci sans prof ni écran ! 6 heures de cours "assurées" pour seulement 2 heures à payer, le dispositif permettrait ainsi des économies inédites !

Formidables conditions pour l'apprentissage linguistique... Quelle noble idée du métier d'enseignant doit-on avoir pour oser proposer une telle organisation ? Courageuse, mais pas téméraire, la direction laisse l'enseignante décider ou non de mettre en place cette "expérimentation" (autrement dit de choisir entre se soumettre à cette idée, ou perdre son poste...).

Le nouveau management, et l'éducation 2.0 sont "en marche"...

Pour le SNCL FAEN, ces bricolages ridicules et anti-pédagogiques ne sauraient leurrer personne : c'est bien le lycée français qui est en train d'être sabordé avec violence, et si les options moins conventionnelles sont les premières à être touchées, ce n'est que le début d'une hécatombe appelée à s'amplifier pendant les deux ans qui viennent et le déploiement complet du projet ministériel, qui n'épargnera aucune discipline.

Nous ne pouvons accepter non plus le chantage et la pression exercés sur les collègues qui sont soumis à des non-choix, par la menace de la fermeture de leurs postes. 

Afin de défendre notre Education nationale, et l'ensemble de notre fonction publique, nous appelons tous les fonctionnaires à se mobiliser le 9 mai prochain.

 

Guerre éclair contre la Fonction Publique et ses syndicats

   Alors que le Président de la République et le Gouvernement ont engagé un « grand débat national » sur une série de questions, les personnels de l’éducation nationale et en particulier les professeurs ont déjà rendu leurs conclusions sur les réformes du ministre de l’éducation nationale lors des élections professionnelles de décembre 2018. L’écrasante majorité des suffrages s’est portée sur les listes des syndicats opposés à la réforme du baccalauréat, opposés à la réforme du lycée, opposés à la réforme de la voie professionnelle et opposés à la réforme du collège.

 
     Pourtant, quel que soit le sujet, le Ministre continue de conduire un simulacre de concertation et de dialogue social, impose ses réformes en tentant de faire croire qu’elles sont approuvées par les professeurs, et ne tient pas compte des votes des représentants des personnels dans les différentes instances (CTM, CTA, CTSD, CAPA, CAPD, CSE).


     Les dotations allouées aux académies, aux départements, aux établissements, pour préparer la rentrée 2019 reposent sur le fait que deux heures supplémentaires annuelles pourront être imposées au lieu d’une actuellement. Ces dotations insuffisantes en heures postes sont rejetées à tous les niveaux par les personnels et leurs représentants, tout comme la modification des statuts qui permettrait d’imposer 2 HSA.


     Le Président de la République et le Ministre ne font rien pour faire cesser la paupérisation et le déclassement moral et social qui frappent notre profession. Par ailleurs, la valeur du point d’indice est à nouveau gelée, le taux de la retenue pension civile augmente chaque année et la journée de carence pour congé de maladie a été rétablie.


     L’avant-projet de loi de « transformation de la fonction publique » a été présenté au conseil commun de la Fonction Publique. Il s’agit d’une attaque sans précédent contre la Fonction Publique, les statuts, le paritarisme, les droits des fonctionnaires et leurs syndicats.


     Le Gouvernement veut tout simplement supprimer tous les acquis et toutes les protections mises en place après la Seconde Guerre mondiale et remettre totalement en cause le modèle de la Fonction Publique. La mise en place d’une « démocrature » se poursuit.


     Cette loi prévoit de réduire quasiment à néant les attributions des Commissions Administratives Paritaires qui sont la pierre angulaire de la défense individuelle et collective des agents et qui garantissent la transparence des opérations et l’égalité de traitement.


     Dès janvier 2020, les Commissions Administratives Paritaires ne seraient plus consultées pour les mutations, la mobilité, les avancements ou les promotions.


     Les futures Commissions Administratives Paritaires ne seraient plus instituées par corps (différents corps de professeurs, CPE, différents corps de personnels administratifs etc.), mais par catégories (catégorie A, catégorie B, catégorie C) et seraient uniquement consultées en cas de recours individuel ou pour sanctionner les personnels (commission disciplinaire).


     Cette loi permettrait de recourir massivement aux contrats, de nommer des non-fonctionnaires dans les emplois de direction de la Fonction Publique d’Etat et créerait un « contrat de projet » (CDD d’une durée maximale de 6 ans, sans droit à CDI ou à titularisation).


     C’est une guerre éclair qui nous est déclarée. Le calendrier du Gouvernement est le suivant : présentation en Conseil des Ministres en mars, débats à l’Assemblée nationale en mai et au Sénat en juin, adoption de la loi en juillet, application dès janvier 2020.


     L’étape suivante consiste à basculer dès 2025 les fonctionnaires (et les autres régimes) dans le régime de retraite universel à points voulu par le Président de la République. Ce projet (qui ne constitue malheureusement pas une surprise) devrait être dévoilé dans quelques semaines.


     Le SIES, le SNCL et leur fédération, la FAEN, appellent l’ensemble des personnels à prendre conscience de la gravité de la situation et à se mobiliser contre cette loi pour faire échec aux projets du Gouvernement.                                                                                                   

Mutations inter-académiques : résultats 2019

Le premier bilan des mutations entre académies pour la rentrée 2019 est désormais disponible. Vous trouverez ci-dessous un tableau présentant les "barres" d'entrée par discipline pour chaque académie.

 

Les valeurs indiquées correspondent au barème le plus petit des candidatures retenues pour entrer dans l'académie, dans la discipline concernée.

 

Pour toute question ou suivi de vos résultats, n'hésitez pas à nous contacter.

 

C'est maintenant la phase "intra-académique" qui va suivre pour tous les entrants (et les stagiaires futurs titularisés !). Nous sommes à votre disposition pour vous aider dans cette nouvelle étape !

L'ANALYSE SNCL du PLAN SAUVADET

La loi dite Sauvadet a été promulguée le 12 mars 2012, dans un contexte de fermetures drastiques de postes et de diminution du nombre de fonctionnaires qui n’a pas épargné les enseignants et les personnels d’éducation.

 

Cette loi ne prévoyait pas une résorption globale de la précarité mais la titularisation d’1/4 à 1/3 des contractuels. L’actuel gouvernement n’a pas modifié cette loi.

 

Le bilan « qualitatif » de la campagne 2013 du plan de titularisation Sauvadet par les concours réservés et examens professionnalisés met en lumière de nombreuses et graves difficultés de traitement des candidatures, des conditions de recevabilité parfois interprétées différemment d’un rectorat à l’autre, de criantes injustices et un nombre global de titularisations insuffisant.

 

 

LES DEMANDES DU SNCL-FAEN

concernant les concours réservés

 

  1. La possibilité pour tous les contractuels en CDI de pouvoir faire acte de candidature, sans autre condition.

 

  1. La redéfinition et la réécriture des conditions de recevabilité des candidatures pour les contractuels en CDD dans un sens beaucoup moins restrictif et de plus grande clarté. 

 

  1. La vérification de la recevabilité des candidatures avant la convocation aux épreuves. 

 

  1. L’augmentation du nombre de postes ouverts aux concours chaque année et l’allongement de la durée du plan au-delà des 4 ans. 

 

  1. L’utilisation pour les concours réservés et les concours internes des postes non utilisés par les concours externes.

 

  1. La garantie de réemploi des contractuels, sans baisse de quotité horaire, pendant toute la durée du plan. 

 

  1. La mise en place de formations préparatoires aux concours, dans toutes les académies, pendant toute la durée du plan de titularisation. 

 

 C’est pourquoi le SNCL-FAEN demande la modification de la loi SAUVADET pour en faire un véritable plan de titularisation des contractuels